|

Vous connaissez la chanson !
Résumé
Comment suite à un licenciement, un homme va petit à petit sombrer dans la dépression et dans l'isolement social.
Extrait
"J'ai la quarantaine passée. Je loue une studette de merde dans un coin pourri de la France.
Je vis seule depuis que mon ex-femme s'est faite la malle avec un petit jeunot plein de fougue, d'ardeur et de promesses. Celle-là, qu'est-ce qu'elle m'en a fait baver ! Non seulement elle avait un caractère de chien, mais en plus elle n'a même pas été fichue de me pondre un ou deux mouflets. Madame avait peur que çà la déforme ! Laissez-moi rire ! En tout cas, on ne pouvait pas en dire autant avec sa forge à cocus !
*
Mes vieux sont décédés. Mon père s'est pendu parce qu'il n'en pouvait plus de faire souffrir ma mère. Ma mère a fait un arrêt cardiaque dans la foulée.
J'étais leur seul héritier. C'est donc naturellement à moi qu'est revenu la lourde tâche de déménager de leur appart tous les meubles en bois massif, de me taper en prime les condoléances à la con de tout l'immeuble, de rembourser à vie les dettes de jeu de mon père.
A cause de lui, j'ai plus de bagnole. Plus de quoi faire la ronde des salopes. Plus de gonzesses pour jouer avec mon levier de vitesse. Merci papa !
*
Je travaille dans une fabrique de godasses. Je suis en bas de l'échelle. C'est pas le top du top, mais çà me va.
Je gagne de quoi payer le loyer, le bus, l'eau, l'électricité, les agios de la banque, la bouffe de chez Discount Price, mes clopes et mon petit pastis.
*
Ce matin, j'ai rendez-vous avec le big boss de la boîte. Paraît qu'il a un truc important à me dire.
La porte de son bureau est ouverte. Il est assis dans son fauteuil en cuir, les coudes en appui sur son bureau, les index à la vertical devant sa bouche. En gros, il se la pète.
Il me dit après avoir repris une posture à peu près normale :
- Venez-vous asseoir mon petit. Entrez, n'ayez pas peur.
J'exécute... "
|