
Extrait 4 :
Je n’ai pas revu le docteur Haurage. Paraît qu’il a quitté le service. C’est donc un autre médecin, le docteur Matador qui a repris mon délicat dossier en main et avec lequel je m’apprête à passer ma première échographie.
Le premier contact avec lui est glacial. Pas un poil d’humanité dans son regard. Une poignée de main sans grande conviction, juste par principe. Une bouche timide à laquelle on a omis la fonction « sourire ».
Il me laisse très vite comprendre que mon cas l’emmerde plutôt qu’autre chose. Que lui n’est pas du genre à mâcher ses mots et à y aller avec le dos de la cuillère. Bref, qu’avec lui, je vais en chier.
Çà se confirme assez rapidement, dès qu’il voit les premières images de l’échographe :
- Madame Pétrin, c’est bien ce que je craignais. Vous avez un oligoamnios très sévère, à la limite de l’anamnios… l’absence totale de liquide. Autrement dit, il n’y a pas suffisamment de liquide pour que le fœtus puisse correctement se développer.
-…
- Dans une telle situation madame Pétrin, je suis au regret de vous dire que les nombreuses séquelles sur le fœtus sont souvent dramatiques, voir irréversibles...
- …
- Des séquelles neurologiques graves… encore faut-il que le fœtus passe le cap de la prématurité…
-…
- Un risque de mort in utéro…
-…
- Un mauvais développement des poumons… des membres…
*
J’éclate en sanglots pendant qu’il continue à m’énumérer l’insoutenable.
*
Il conclut par :
- Madame Pétrin voyons, ressaisissez-vous ! Ce que je vous propose, c’est de nous revoir dans une semaine pour refaire un nouveau bilan. D’ici là, reposez vous bien.